Des palais royaux aux bâtiments administratifs

Le XVIIIe siècle marqua l'apogée de la richesse dans le premier état de la société : la noblesse. C'est pendant ce siècle que le bon goût trouva son point culminant et le " siècle de Louis XV " est aussi celui des plus jolis hôtels particuliers de notre quartier : l'hôtel de Rohan-Chabot, rue du Cherche-Midi, les hôtels d'Entragues et de Brancas, rue de Tournon, en sont de charmants exemples.

Mais cette richesse fit passer au second plan la ferveur religieuse et les travaux de construction de l'église Saint-Sulpice ne reprirent qu'avec lenteur. L'architecte Gilles-Marie Oppenord les poursuivit pendant plus de vingt années, mais laissa, en 1745, l'élévation de la façade à Servandoni qui adopta un projet fortement teinté d'italianisme qui ne reçut qu'un début d'exécution. Servandoni avait aussi projeté de former autour de l'église une vaste place bordée d'immeubles de même style ; mais un seul d'entre eux fut édifié près de la rue du Petit-Bourbon (actuelle rue Saint-Sulpice) et le projet de place fut abandonné faute de moyens financiers.

Le reste des réalisations du XVIIIe siècle est surtout formé de bâtiments administratifs, à la tête desquels on peut placer l'hôtel des Monnaies. Vers le milieu du siècle, le corps municipal désirant transférer l'hôtel de ville en des lieux plus vastes, jeta son dévolu sur l'hôtel de Conti. Après bien des lenteurs administratives, Louis XV fit reprendre les terrains dans le but d'y installer l'administration des Monnaies et des Médailles. C'est l'architecte Antoine qui fut chargé de l'exécution des nouveaux bâtiments. Avec une habileté remarquable, il sut juxtaposer une admirable façade rectiligne à celle du collège des Quatre-Nations si élégante dans ses courbes.

En 1770, le roi acquit l'hôtel de la famille de Condé qui s'étendait entre la rue de Vaugirard, la rue Monsieur-le-Prince et la rue de Condé. Ces terrains furent l'objet d'une spéculation qui aboutit au lotissement de tout l'espace ci-dessus mentionné et à la construction d'un nouveau théâtre : celui de l'Odéon, qui, bâti sur les plans de Peyre et de Wailly, ouvrit ses portes en 1782. Devant le péristyle dorique s'ouvrait une place semi-circulaire d'où partaient six rues disposées en éventail, donnant au lotissement un certain aspect artistique.

Plus au nord, dans le quartier de l'Université, la corporation des chirurgiens acquit, en 1769, les bâtiments de l'ancien collège du Bourgogne que devait remplacer une " académie royale de chirurgie ". Celle-ci fut bâtie sur les plans de l'architecte Gondouin qui fit preuve de grand talent : il aménagea un vaste amphithéâtre derrière un péristyle que l'on peut apercevoir à travers une élégante colonnade. Gondouin reliait, par une vaste place, les nouvelles constructions à celles qui étaient entrain sur les terrains de l'ancien hôtel de Condé. Faute de moyens, là, comme à Saint-Sulpice, rien ne put être réalisé.

COLONNES DU THEATRE DE L'ODEONNous avons donc vu trois projets d'opérations d'urbanisme dont une seule a réussi : celle de l'Odéon. Mais il faut remarquer que la construction de l'hôtel des Monnaies tenait compte de l'ensemble architectural qui l'entourait. C'est donc un fait nouveau qui apparaît au XVIIIe siècle avec la politique d'urbanisme. Et il ne s'agit pas là seulement de constructions particulières comme cela avait été le cas pour la place Royale (des Vosges) ou la place Dauphine, mais de véritables aménagements urbains comprenant des bâtiments publics.

Cette vue nouvelle de la ville va donc avec un changement dans la mentalité des Parisiens. En effet, si pendant la première moitié du XVIIIe siècle la foire Saint-Germain obtient encore du succès, le déclin s'accentue avec la fin du siècle. L'incendie qui ravage le vieux préau, en 1762, ne fait que précipiter une maladie latente. Il faut encore le succès de l'Opéra-Comique qui fait ses débuts à la foire pour attirer les badauds, mais la foule des grands nobles reste à Versailles et les nouveaux riches, jaloux des fêtes de la cour auxquelles ils ne peuvent participer, et dédaigneux du petit peuple, font fi des foires pour se tourner vers des divertissements onéreux, ce qui explique la vogue des " Wauxhalls ", lieux de fêtes qui eurent leurs succès et dont l'un fut bâti pendant quelque temps sur la foire Saint-Germain. Mais ce succès fut passager et avec le changement du mode de vie des Parisiens qui, de saisonnier qu'il était, devient quotidien, les foires disparurent toutes.


Dernière mise à jour le lundi 17 juillet 2017

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